L’imagerie médicale a véritablement révolutionné la façon dont les médecins diagnostiquent les blessures et les maladies. Parmi les techniques d’imagerie les plus courantes, on retrouve le scanner (tomodensitométrie) et l’IRM (imagerie par résonance magnétique). Elles permettent toutes deux d’obtenir des images très précises de l’intérieur du corps, mais elles fonctionnent différemment et sont choisies en fonction de situations bien spécifiques. Si votre médecin vous a recommandé un scanner, comprendre les différences fondamentales entre ces deux examens pourra vous aider à aborder votre prise en charge avec plus de sérénité.
Dans les sections suivantes, nous vous expliquons de façon claire comment fonctionne chaque type d’examen, dans quels cas l’un est privilégié, les questions de sécurité à prendre en compte, et les critères qui guident les médecins dans leur choix. Comme toujours, n’hésitez pas à aborder toute interrogation ou inquiétude avec votre professionnel de santé : il reste votre meilleur interlocuteur pour un accompagnement personnalisé.
Scanner ou IRM : les différences essentielles à connaître pour les patients
Le scanner et l’IRM sont tous deux des techniques d’imagerie médicale de pointe, mais ils s’appuient sur des technologies différentes pour obtenir des images de l’intérieur du corps.
- La tomodensitométrie (scanner) utilise une série de rayons X capturés sous différents angles. Un ordinateur reconstitue ensuite ces images pour produire des vues en coupe (tranches) des os, des vaisseaux sanguins et des tissus mous. Cette méthode est rapide et adaptée aux situations urgentes ou lorsqu’il est crucial d’agir vite.
- L’IRM fonctionne sans rayonnement : elle utilise de puissants aimants et des ondes radio pour générer des images très détaillées des organes et tissus. Le temps d’examen est plus long que celui d’un scanner, mais la qualité des images des tissus mous est généralement supérieure.
Lors d’un scanner, vous êtes installé sur une table qui se déplace à travers un anneau (le scanner). L’examen est rapide et indolore. Pour une IRM, la table s’insère dans un tube plus long : la procédure dure généralement entre 30 et 60 minutes. Certains patients signalent un bruit important ou une sensation de confinement, mais le personnel saura vous accompagner pour rendre l’expérience aussi confortable que possible.
Quand privilégier la tomodensitométrie (scanner) ?
Le scanner est généralement l’examen de première intention lorsque la rapidité, la disponibilité ou la recherche de certains détails s’imposent. Quelques exemples fréquents où le scanner est préféré :
- Traumatismes aigus : fractures, hémorragies internes, lésions des organes chez les personnes accidentées, en particulier en situation d’urgence ;
- Imagerie de la poitrine et de l’abdomen : détection des tumeurs, infections ou anomalies vasculaires au niveau des poumons, du foie, des reins ou d’autres organes abdominaux ;
- Analyse des structures osseuses complexes : colonne vertébrale, bassin, os du visage nécessitant une précision optimale ;
- Guidage de certaines interventions : la tomodensitométrie est souvent utilisée pour orienter avec une grande précision des biopsies ou autres gestes peu invasifs.
La rapidité d’exécution fait du scanner un examen clé à l’hôpital pour poser rapidement un diagnostic vital (accident vasculaire cérébral, embolie pulmonaire), où chaque minute compte.
Quand l’IRM est-elle recommandée ?
L’IRM est le choix privilégié lorsque le médecin a besoin d’explorer avec précision les tissus mous ou lorsqu’il convient d’éviter toute exposition aux rayonnements. Elle peut vous être prescrite dans les situations suivantes :
- Imagerie cérébrale et médullaire : l’IRM est la référence pour détecter des maladies neurologiques (sclérose en plaques, tumeurs cérébrales, lésions de la moelle épinière) ;
- Évaluation des articulations, muscles et ligaments : en cas de traumatismes sportifs ou de douleurs articulaires, l’IRM offre une analyse fine des tissus mous ;
- Détection de certaines tumeurs : pour quelques cancers plus visibles en IRM, en particulier dans le cerveau, le bassin ou les tissus mous ;
- Exploration du cœur et des vaisseaux : évaluation du muscle cardiaque, des flux sanguins, sans aucune irradiation, permettant des examens répétés au besoin.
L’IRM est également indiquée pour les patients jeunes, les femmes enceintes (lorsque cela est possible et jugé sûr), ou les personnes devant répéter régulièrement des examens afin de limiter l’exposition cumulative aux rayonnements.
Scanner, IRM et rayonnements : que faut-il savoir ?
La principale différence entre ces deux examens réside justement dans l’utilisation (ou non) de rayonnements.
- Le scanner expose à de faibles doses de rayons X. Si une seule exposition est généralement considérée comme sûre, des expositions répétées peuvent, à long terme, légèrement augmenter le risque de certains cancers. Pour cette raison, les médecins évaluent avec précaution la balance bénéfices/risques, particulièrement chez les enfants, les femmes enceintes, ou si de multiples examens sont nécessaires.
- L’IRM n’utilise ni rayons X ni rayonnement ionisant. Elle représente ainsi une alternative privilégiée pour les populations à risques spécifiques, même si son utilisation reste encadrée pendant la grossesse et s’effectue uniquement si cela s’avère indispensable.
Dans la majorité des cas, les bénéfices potentiels apportés par l’examen surpassent très largement les risques. Si votre médecin préconise un scanner, soyez assuré que c’est parce que les images obtenues sont décisives pour orienter votre diagnostic ou votre traitement. En cas d’inquiétude à propos des rayonnements, échangez sans hésiter avec votre soignant.
Comment les médecins choisissent-ils entre scanner et IRM ?
Le choix de l’examen dépend de plusieurs paramètres que votre médecin évalue attentivement pour garantir la pertinence, l’efficacité et la sécurité de l’imagerie prescrite :
- Vos symptômes et antécédents médicaux : par exemple, une douleur brutale aiguë à la tête nécessitera souvent un scanner pour écarter une hémorragie cérébrale, alors que des troubles neurologiques persistants feront plutôt choisir une IRM ;
- Le siège de la zone à examiner : certains tissus, comme les os ou les poumons, sont mieux vus au scanner, tandis que le cerveau, la colonne vertébrale ou les articulations bénéficient de l’IRM ;
- L’urgence de la situation : la rapidité d’accès au scanner est souvent cruciale en milieu hospitalier ;
- Caractéristiques individuelles : âge, grossesse, allergies (produits de contraste), antécédents d’imagerie, présence d’implants ou de dispositifs médicaux non compatibles avec l’IRM ;
- La nécessité d’éviter une exposition répétée aux rayonnements : l’IRM est priorisée pour certains profils ;
- Disponibilité des équipements : les scanners sont généralement plus accessibles que les IRM dans certains établissements.
Après cette analyse, votre médecin vous orientera vers l’examen qui apporte l’information la plus utile, tout en limitant les risques. Il arrive parfois que les deux examens soient nécessaires pour obtenir toutes les données indispensables à une prise en charge optimale.
À quoi s’attendre lors d’un scanner ou d’une IRM ?
Anticiper le déroulement de l’examen peut aider à réduire son appréhension.
- Avant l’examen : il peut être demandé d’être à jeun (notamment si un produit de contraste est prévu). Pensez à retirer tous les objets métalliques et à signaler toute allergie ou dispositif médical implanté au personnel.
- Pendant : vous serez installé confortablement sur une table mobile. Restez immobile pour garantir la qualité des images. L’équipe restera en contact avec vous tout au long de la procédure.
- Produits de contraste : dans certains cas, un agent peut être injecté pour améliorer la visualisation de certaines structures. Informez votre médecin si vous avez déjà fait une réaction ou si vous présentez une insuffisance rénale.
- Après : la plupart des personnes reprennent tout de suite leurs activités habituelles. Si un produit de contraste vous a été administré, il vous sera conseillé de bien vous hydrater pour faciliter son élimination.
Les examens de scanner et d’IRM sont réputés sûrs et bien tolérés. Si vous êtes de nature anxieuse ou claustrophobe, informez-en le personnel qui pourra vous proposer différentes options d’accompagnement (musique, sédation légère…).
Questions à poser à votre médecin
Il est tout à fait naturel de vouloir en savoir plus lorsqu’un examen de scanner ou d’IRM est prescrit. Voici des questions fréquemment utiles :
- Pourquoi cet examen m’est-il recommandé ?
- Quelles informations va-t-il apporter ?
- Existe-t-il des risques particuliers ?
- Y a-t-il d’autres alternatives ?
- Dois-je me préparer d’une façon spéciale ?
- Un produit de contraste est-il nécessaire et quels sont ses effets secondaires possibles ?
N’hésitez pas à discuter ouvertement de vos préoccupations. Votre professionnel de santé est à votre service pour vous expliquer ses choix et vous accompagner dans votre parcours de soins.
Pour en savoir plus sur l’IRM, le déroulement de l’examen et les indications précises, consultez notre guide dédié : Déroulement d’un examen IRM et ce que les médecins recherchent.
En bref : faire le bon choix selon votre situation
La tomodensitométrie (scanner) et l’IRM sont deux outils essentiels qui permettent aux médecins de diagnostiquer et de traiter de nombreuses maladies. Le choix entre ces deux examens dépend de la région du corps à explorer, de l’urgence, de vos antécédents et de l’enjeu de l’exposition aux rayonnements. Le scanner, rapide et performant pour les situations d’urgence et les traumatismes osseux, s’oppose à l’IRM qui offre une qualité inégalée d’imagerie des tissus mous, sans irradiation.
En définitive, la recommandation de votre médecin repose toujours sur la recherche du meilleur équilibre entre information diagnostique et sécurité. En cas de doute ou de question, le dialogue avec votre équipe soignante reste votre meilleur allié pour vivre sereinement chaque étape du processus d’imagerie médicale.
