La carence en fer est l’un des troubles nutritionnels les plus répandus à travers le monde. Elle peut toucher tout le monde, quel que soit l’âge ou le sexe, et avoir un retentissement significatif sur la vie quotidienne ainsi que sur la santé globale. Comprendre les signes, les causes, ainsi que la manière dont les professionnels de santé dépistent et prennent en charge cette carence peut vous aider à prendre soin de votre santé et à savoir quand il est nécessaire de consulter.

Cet article vous présente les symptômes les plus courants de la carence en fer, explique pourquoi elle survient, détaille les principaux examens médicaux utilisés pour le diagnostic, et passe en revue les options de traitement habituelles. Si vous ressentez des symptômes persistants ou si vous êtes préoccupé(e) par votre taux de fer, il est toujours recommandé de consulter un professionnel de santé pour des conseils personnalisés.
Symptômes courants
La carence en fer s’installe souvent progressivement et ses manifestations peuvent d’abord passer inaperçues. Beaucoup de personnes ne se rendent compte du problème que lorsque leur vie quotidienne est affectée. Reconnaître rapidement les signes peut favoriser une prise en charge précoce et limiter les complications.
- Fatigue et épuisement : une fatigue inhabituelle est souvent le tout premier signe. Le fer est nécessaire à la formation de l’hémoglobine, qui permet d’acheminer l’oxygène dans tout le corps. Quand le taux de fer est bas, la sensation de fatigue est fréquente.
- Pâleur de la peau : une pâleur du teint ou de l’intérieur des paupières peut indiquer une diminution du taux d’hémoglobine.
- Essoufflement : un essoufflement, même au moindre effort, ou lors d’une activité modérée, est courant.
- Rythme cardiaque accéléré : le cœur peut battre plus vite pour compenser le manque d’oxygène transporté par le sang.
- Maux de tête et vertiges : une oxygénation insuffisante du cerveau peut provoquer ces symptômes.
- Mains et pieds froids : une mauvaise circulation liée au déficit en fer peut entraîner une sensation de froid au niveau des extrémités.
- Ongles cassants et chute de cheveux : fragilité des ongles ou chute de cheveux inhabituelle peuvent en être la conséquence.
- Syndrome des jambes sans repos : certains ressentent une gêne désagréable dans les jambes, avec un besoin irrépressible de les bouger, surtout la nuit.
- Modifications de la bouche ou de la langue : apparition de fissures au coin des lèvres, langue douloureuse ou gonflée, ou envies inhabituelles (comme mâcher de la glace ou des substances non alimentaires, phénomène appelé pica).
Certaines personnes présentent seulement quelques signes, d’autres peuvent en avoir plusieurs en même temps. La gravité dépend du niveau de carence et de la rapidité d’évolution du déficit.
Pourquoi une carence en fer se développe-t-elle ?
Le fer est un minéral essentiel à la formation des globules rouges. Plusieurs facteurs peuvent entraîner une carence en fer, parfois cumulés. Les comprendre aide à en trouver la cause et à prévenir leur réapparition.
- Pertes de sang : cause la plus fréquente, notamment chez l’adulte. Les règles abondantes, les saignements digestifs (ulcères, maladies intestinales), les interventions chirurgicales, accidents, ou dons de sang répétés peuvent provoquer une perte de fer.
- Apport alimentaire insuffisant : un régime pauvre en aliments riches en fer peut provoquer le déficit, surtout chez les végétariens/végétaliens puisque le fer d’origine végétale est moins bien assimilé que celui d’origine animale.
- Mauvaise absorption : certaines pathologies (maladie cœliaque, maladies inflammatoires de l’intestin telles que la maladie de Crohn ou la rectocolite hémorragique, antécédent de chirurgie digestive) diminuent l’absorption du fer alimentaire.
- Besoins accrus : la grossesse, l’allaitement, les périodes de croissance rapide (petite enfance, adolescence) ou encore une activité physique intense augmentent la demande en fer.
Plus rarement, une maladie chronique, des infections prolongées ou des maladies héréditaires affectant la production de globules rouges peuvent aussi être en cause. Identifier la cause est essentiel car se contenter de suppléments n’est pas toujours suffisant pour régler le problème en profondeur.
Les examens sanguins utilisés par les médecins
Si votre médecin suspecte une carence en fer, il prescrira généralement plusieurs examens sanguins pour confirmer le diagnostic et guider la prise en charge. Ces analyses permettent d’évaluer divers aspects de votre sang et de vos réserves de fer.
- NFS (numération formule sanguine) : ce bilan analyse les différents types de cellules sanguines et permet de détecter une anémie (taux bas de globules rouges ou d’hémoglobine).
- Ferritine sérique : la ferritine stocke le fer dans l’organisme. Un taux bas constitue un signe fort de carence, souvent même avant que l’anémie s’installe.
- Fer sérique : mesure la quantité de fer circulant dans le sang, bien que ce taux puisse varier au fil de la journée.
- Transferrine et capacité totale de fixation du fer (CTFF) : la transferrine transporte le fer. Ces tests évaluent la capacité du sang à transporter le fer, aidant à affiner le diagnostic.
- Saturation de la transferrine : calculée à partir du taux de fer sérique et de la CTFF, elle indique la part de fer réellement disponible pour l’organisme.
Selon vos symptômes et les premiers résultats, d’autres examens pourront être indiqués, par exemple pour rechercher une perte de sang (endoscopie digestive) ou explorer d’autres causes d’anémie.
À noter : d’autres pathologies peuvent fausser ces paramètres. En cas d’inflammation ou d’infection, la ferritine peut augmenter artificiellement, masquant parfois une véritable carence en fer. Votre médecin interprétera donc vos résultats en tenant compte de votre état de santé global.
Quels traitements ?
La prise en charge vise à corriger le déficit tout en traitant la cause sous-jacente, pour éviter toute récidive. Votre professionnel de santé vous proposera une solution adaptée à votre situation.
- Changements alimentaires : enrichir votre alimentation en fer est souvent la première étape. Les bonnes sources incluent la viande rouge, la volaille, le poisson, les œufs, les légumes verts à feuilles, les légumineuses et les céréales enrichies. La vitamine C favorise l’absorption du fer – pensez donc à inclure régulièrement des fruits et légumes comme les oranges, poivrons ou tomates.
- Suppléments oraux de fer : pour beaucoup, des comprimés ou sirops de fer sont prescrits sur plusieurs mois, même après l’amélioration des symptômes, afin de reconstituer les réserves. Des effets secondaires digestifs (constipation, nausées) sont possibles, mais votre médecin pourra vous conseiller pour les limiter.
- Fer intraveineux : dans certaines situations (échec des traitements oraux, intolérance, carence sévère), le fer peut être administré directement par perfusion sous contrôle médical.
- Traitement de la cause : si la carence est liée à une perte de sang (règles abondantes, troubles digestifs), il est crucial de prendre en charge la source du problème, éventuellement en orientant vers un spécialiste.
Un suivi médical est indispensable, avec des bilans réguliers pour surveiller vos progrès. N’entamez jamais un traitement au fer sans avis médical : un excès de fer peut être dangereux et l’automédication peut masquer ou retarder le diagnostic d’une affection plus grave.
Dans des cas rares, la carence en fer fait partie d’un tableau médical plus complexe, nécessitant alors des examens complémentaires ou l’avis d’un spécialiste.
Quand consulter un médecin ?
- Si vous souffrez de fatigue persistante, d’essoufflement ou de l’un des symptômes évoqués ci-dessus ;
- Si vous constatez la présence de sang dans vos selles, urines, ou si vous avez des règles exceptionnellement abondantes ;
- Si vous avez des antécédents personnels ou familiaux de troubles digestifs ou hématologiques ;
- Si vous êtes enceinte, ou prévoyez de l’être, et que vous ne connaissez pas votre statut en fer.
Pour en savoir plus sur la signification de vos analyses sanguines et leur interprétation médicale, consultez notre guide : Résultats d’analyses sanguines : ce que les médecins vérifient en premier lieu.
Un diagnostic et une prise en charge précoces vous aideront à retrouver rapidement la forme et à prévenir d’éventuelles complications. La carence en fer est fréquente : avec un suivi adapté, la majorité des personnes récupèrent totalement et reprennent le cours normal de leurs activités.
Si vous avez des inquiétudes concernant vos symptômes ou avez des questions sur le manque de fer, n’hésitez pas à consulter votre professionnel de santé. Il ou elle saura vous accompagner et vous orienter vers les meilleures solutions pour votre situation.